Auteur Sujet: IPad : la France passe à tablette depuis ce vendredi 28 mai 2010  (Lu 974 fois)

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Enfin  ! Il était précédé par sa réputation et un tapage bien orchestré. Deux mois après les Etats-Unis, la France va pouvoir juger sur pièces  : l’iPad est dans les bacs en ce vendredi 28 mai 2010. Apple est même parvenu à déterrer le nom de ­Gutenberg, père de l’imprimerie. Après plus de cinq siècles de règne sans partage, le livre aurait trouvé son maître, l’euphorie ambiante ne désigne-t-il pas l’iPad comme un Gutenberg 2…Le lancement de cette tablette magique, bien chauffé par le succès océanique de ses petits frères ­tactiles iPod Touch et iPhone, paraît rempli de promesses pour l’édition et la presse. Depuis sa mise sur le marché, plus d’un million d’unités ont été achetées par les Américains et 1,5 million de livres numériques téléchargés. En France, les ­prévisions de l’institut d’études GfK évaluent les ventes entre 400 000 et 450 000 tablettes d’ici à la fin 2010, essentiellement des iPad. Le joujou a pourtant un certain coût, de 499 à 699 euros pour les modèles wifi et de 599 à 799 euros pour les 3G, avec abonnement chez les opérateurs de mobiles en sus.

La majorité des journaux qui explorent de nouvelles voies pour monnayer leurs contenus ont planché sur une application. « L’iPad est un modèle économique intéressant, car il est assez proche de celui de la presse elle-même, à savoir des contenus payants plus des revenus publicitaires », souligne Delphine Grison, ­directrice du marketing stratégique et du développement de Lagardère Active. L’iPad permet d’imaginer des contenus exclusifs grâce aux possibilités multimédias (son, vidéo…) et de jouer un rôle de filtre dans un univers bondé ­d’informations. Séduisant pour les annonceurs, il permet d’innover avec des formats en 3D, voire de faire inter­agir la pub et le contenu.

Malgré la politique tarifaire pratiquée par Apple (70% pour les éditeurs, 30% pour sa Pomme) et sa manie de refuser des contenus jugés trop osés (telles les pin-up de page 3 des tabloïds britanniques ou allemands), les applis de journaux et de magazines arrivent ainsi en cascade.

Les quotidiens proposent généralement leur édition du jour à 0,79 euro et des formules d’abonnement mensuel. Ils sont presque tous là  : le Monde, le Figaro, le Parisien, les Echos, la Tribune, Libération, etc. Mais aussi le Nouvel Observateur et Challenges, Paris Match et Elle à table (Lagardère) avec une offre découverte ­gratuite. Le mensuel Geo (Prisma Presse) sera disponible au prix du papier, à 4,99 euros, avec une appli équipée d’une reconnaissance ­vocale.

Côté lecture, la machine ne tient pas la comparaison avec les liseuses à encre électro­nique, à l’autonomie record. « Mais Apple fait beaucoup de bien au livre électronique », note-t-on chez le concurrent hexagonal ­Bookeen. La tablette devrait débarquer avec des centaines de milliers de ­titres en anglais. Si l’offre en ­français sur l’iBookstore paraîtra sans doute ­indigente, elle s’est néanmoins un peu étoffée ces derniers jours de ­titres classiques provenant du projet ­Gutenberg. Des livres de Hachette, qui est déjà présent sur la version américaine, devraient aussi se ­trouver sur les étagères. Ainsi que le Robert (9,99 euros) et sa « Dixel ». Des titres de Gallimard seront accessibles via l’application gratuite Edenreader.

Les conditions proposées aux éditeurs par Apple se veulent ­engageantes, puisque ce sont eux qui fixent les prix de vente. Conscients du tournant qui s’engage avec la multiplication des tablettes (à lire dans Libération du jour) et l’arrivée d’un portail libraires, les trois plateformes de distribution numé­rique Eden Livres (Flammarion, Gallimard, La Martinière, Le Seuil), ­Numilog (Hachette) et ePlateforme (Editis, Médias participation, ­Michelin) viennent d’annoncer avoir fait catalogue commun.

Mais, en dehors du tactile, la plus belle promesse des sens vient du Petit Larousse pâtissier, qui promet qu’on pourra, les mains pleines de farine, tourner les pages de sa ­recette en soufflant sur son iPad