Auteur Sujet: Les réseaux sociaux et les enfants : des chiffres inquiétants qui interpellent !  (Lu 917 fois)

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Une étude européenne réalisée dans 25 pays révèle des chiffres inquiétants quant au nombre d'enfants utilisant les réseaux sociaux sans forcément bien se protéger...

La Commission européenne a communiqué lundi les résultats d'une étude réalisée dans 25 pays européens concernant l'usage des réseaux sociaux en fonction de l'âge des enfants qui y accèdent. Ce rapport met en lumière deux tendances alarmantes. Tout d'abord, il nous indique qu'en moyenne 38% des 9-12 ans interrogés disent avoir au moins un profil sur un réseau social (Facebook, Twitter, Flickr, etc.). Mais, plus grave, le quart des enfants interrogés (9-12 ans et 13-16 ans) déclarent en toute connaissance de cause que leur profil est réglé pour être "public". Inquiétant quand on sait que 20% de ces profils contiennent des informations personnelles sensibles. Et ce n'est pas tout, 1 250 enfants sur les 25 000 interrogés indiquent que parmi ces informations personnelles figurent adresses et/ou numéros de téléphone, et que par conséquent n'importe qui peut y accéder.

La répartition selon les âges
En moyenne, 38% des 9-12 ans possèdent un compte sur un réseau social, mais la répartition est loin d'être uniforme. En effet, parmi les pays où les enfants sont les moins nombreux à posséder un tel compte, on compte l'Allemagne (27%), l'Espagne (28%) mais surtout la France, qui est au niveau le plus bas avec 25 %. À l'opposé de cela, on voit que les Pays-Bas culminent à 70% des 9-12 ans, soit un écart de 45 points avec la France. Les enfants entre 9 et 13 ans n'ont donc pas tous le même accès aux réseaux sociaux. Dans la catégorie des 13-17 ans, l'écart est moins important. Ainsi la différence entre les pays où les enfants de 13 à 16 ans possédant un compte sur un réseau social sont les moins nombreux (la Turquie - 61%) et celui où ils sont les plus nombreux (la Slovénie - 91%) est de 20 points.

La France se place entre les deux, avec 82%. De manière générale, 77% des 13-16 ans possèdent un compte sur un réseau social, ce qui place la France non loin de la moyenne pour cette tranche d'âges. Cela tend aussi à prouver que plus les enfants avancent dans l'âge, plus ils accèdent aux réseaux sociaux, notamment en raison de la pression sociale ou, par la suite, de besoins professionnels. Une fois ces chiffres obtenus, la Commission s'est penché sur le cas de la protection de la vie privée, problème majeur posé par les réseaux sociaux sur Internet.

De la protection de la vie privée
Comme dit plus haut, 1250 enfants sur le panel des 25 000 interrogés donnent accès à leur profil à n'importe qui. Ce sont autant d'individus vulnérables à toutes sortes de détournements d'informations. Combiné au fait que 15% des 9-12 ans déclarent avoir plus de 100 contacts dans leurs carnets d'adresses, on imagine qu'ils n'ont pas toujours le loisir de vérifier l'identité réelle de chacun de leurs amis, et encore moins des amis de leurs amis... Sur les 11-12 ans, le rapport indique que seulement 56% d'entre eux savent régler les options de confidentialité de leurs réseaux sociaux, mais que sur la tranche 15-16 ans, ce chiffre grimpe à 78%. Reste que 22% des 15-16 ne savent pas régler ces paramètres, laissant bien souvent apparaître des informations personnelles à la vue de tous.

Alors, pour que les réseaux sociaux ne deviennent pas le terrain de chasse préféré de personnes peu recommandables, un accord avait été mis en place en 2009 et signé par 17 sites dits "sociaux" (Facebook, YouTube, MySpace, etc.). Celui-ci prévoyait un certain nombre de mesures pour garantir la sécurité des usagers, comme l'intégration d'un bouton "signaler un abus". Cet accord, qui avait pour but de protéger les plus jeunes, notamment en leur rendant difficile l'accès à ces sites (rappelons que Facebook est officiellement interdit au moins de 13 ans), est resté inefficace vu ces chiffres.

La vice-présidente de la Commission européenne chargée de la stratégie numérique, Neelie Kroes, déclare : "Un nombre croissant d'enfants sont présents sur les réseaux sociaux, mais bon nombre ne prennent pas les précautions nécessaires pour se protéger en ligne. Ces enfants s'exposent ainsi à des actes malveillants et se rendent vulnérables face aux harceleurs et aux séducteurs. Toutes les sociétés de réseaux sociaux devraient donc paramétrer par défaut les profils des mineurs de façon qu'ils ne soient accessibles qu'aux personnes figurant sur leur liste approuvée, et hors d'atteinte des moteurs de recherche". Du bon sens.

Évoquant la possibilité d'établir des profils de base en fonction de l'âge de l'utilisateur, N. Kroes explore en effet une piste qui pourrait être efficace. De plus, une meilleure communication de la part des sites sociaux serait appréciable, sites qui seront bientôt pointés du doigt par un rapport européen sur les mesures d'auto-régulation mises en place et dont les résultats paraîtrons sous peu.

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